Images aléatoires

Samedi 5 juillet 2008
Elle ne doit sa liberté qu'à elle-même.
C'est parce qu'elle est restée libre intérieurement qu'elle a tenu.

Les ronds de cuirs se félicitent et sont bien fiers.
Ils n'auraient pas tenu à sa place. Un peu de dignité me semble nécessaire.




Clip dans la jungle
envoyé par alber57
Mercredi 9 avril 2008

 

 

Ouïe fine. Sommeil léger. Hier matin, un bruit inhabituel m’a réveillée. Un bruit étrange, comme sourd, loin, dérangeant.

 

Odorat aiguisé. Hier matin, en ouvrant ma fenêtre, c’est une odeur puissante de terre qui m’a envahie. Une odeur un peu acre, comme une terre retournée, violemment.

 

Toucher sensible. Hier matin, en passant de l’autre coté de la maison, un grand frisson épidermique m’a parcourue. C’était celui qui parcourrait aussi l’arbre en face qu’on arrachait à grand coup de tractopelle.

 

Œil de lynx. Hier matin, je l’ai vu. Les racines à l’air, à peine en fleurs, et le printemps a brusquement pris une couleur de deuil. La terre sombre autour de son emplacement béant ressemblait à un cratère de désolation.

 

Goût amer. Hier matin, mes papilles ont porté une amertume sans pareille. Une amertume empreinte de terre et de souffrance.

 

Mes sens en alerte ont déclenché ma colère.

 

J’ai vu comme une violence inouïe le contraste du geste du tractopelle : l’arbre arraché brutalement, les racines éclatées…et une barricade de sécurité en acier ramassée délicatement pour l’écarter du massacre. Saisissant.

 

Au-delà de cet arbre, finalement « juste » un symbole, c’est tout un processus de mépris, de refus de l’autre, d’absence d’écoute, de souveraineté, de pouvoir, d’avidité et de vénalité qui s’est illustré.

 

Ce sont des places de parking qui vont s’installer sur le deuil de cet arbre.

Des places de parking pour accueillir des voitures.

Le temps où je savourais le matin à mon réveil la vue du soleil levant sur les champs est en train de s’en aller.

Le temps où je savourais un établissement scolaire de proximité risque de s’en aller avec ces champs.

 

Malgré ça, j’irai jusqu’au bout. Je refuse de m’installer dans le système confortable du « de toute façon, je ne peux rien y faire, même si c’est complètement crétin, laissons donc le rouleau compresseur accomplir sa mission ».

Je suis une toute petite grenouille de rien du tout.
Mais pas celle qui va nager tranquillement dans la marmite jusqu’à s’endormir et finir dans une assiette persillée.

Ca fait des années que j’ai décidé de mon seul objectif dans la vie : me lever chaque matin sans jamais ne rien regretter en me regardant dans le miroir de la salle de bain.

 

Mardi 1 avril 2008

Petit conte philosophique

Imaginez une marmite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température commence à grimper. L’eau est chaude. C’est un peu plus que ce que n’apprécie la grenouille, mais elle ne s’affole pas pour autant, surtout que la chaleur tend à la fatiguer et l’engourdir.

L’eau est vraiment chaude maintenant. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi très affaiblie, alors elle supporte, elle s’efforce de s’adapter et ne fait rien.

La température de l’eau va ainsi continuer de monter progressivement, sans changement brusque, jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.

Plongée d’un coup dans une marmite à 50°C, la même grenouille donnerait immédiatement un coup de patte salutaire et se trouverait dehors !

(A quoi ça vous fait penser ?)

Jeudi 13 mars 2008
J'lache pas l'affaire

Jeudi 13 mars 2008

(Oui, Julien, et oui, je suis hyper à la bourre)
 
Le 8 mars, 26ème Journée Internationale de la Femme en France
(la 31ème pour les nations unies, on est toujours à la traine).    
 
 
J’ai, comme tous les ans, refusé les « hey, bonne fête ! »
Non, le 8 mars n’est pas une fête.
 
Le 8 mars est une journée particulière.
La seule de l’année où les médias parlent des femmes qui ont marqué l’Histoire, la Politique, les grands mouvements sociaux, la Littérature, la Philosophie…
Les 364 autres…non, ne soyons pas mesquine.
 
Oui, je suis une femme. Comme beaucoup d’autres.
Peut-être que ceux qui me connaissent à travers ce média qu’est le web le savent, le pseudo que j’utilise depuis des années sur la toile correspond certes à quelqu’un qui m’est cher, mais aussi à une revue historique spécialisée dans l’histoire sociale des femmes.
 
Sur mon frigo est accroché une carte postale. Qui m’a été envoyée par un ami, le jour de l’un de mes anniversaires, je ne sais plus lequel, celui de l’aube de la trentaine, je pense.
Cette carte mentionne un proverbe juif : « Dieu ne pouvait être partout, alors il a créé la mère »
Et au dos, un petit mot « je suis fier de t’avoir rencontrée »
Parce que je suis femme, je suis mère, je suis amie.
 
Ce mois de mars 2008 marque aussi 10 ans de mélange de chaussettes avec mon amoureux. 10 ans que nous vivons sous le même toit étoilé.
Parce que je suis femme, je suis aussi compagne, épouse, amante.
 
Le 8 mars me rappelle tous les ans la jeune fille que j’ai été.
L’age « fleur bleue », chez moi, il prenait une tonalité rouge sang quand je brandissais la déclaration de la femme et de la citoyenne à 15 ans.
Parce que je suis femme, je suis fille de, petite fille de, et féministe.
 
Ce samedi 8 mars, je battais le pavé. Enfin, le vieux bitume crado et pas écolo.
Je réfléchissais au pourquoi du comment je me retrouvais là.
J’en suis arrivée à un laconique « pour ne pas oublier qu’elles ont payé de leur vie le droit qu’elles m’ont donné et que j’honore par mon bulletin de vote glissé dans l’urne »
J’ai pensé aux femmes qui se sont battues par le passé pour mes droits : Olympe de Gouge, Simone Veil, Louise Michel, et beaucoup d’autres.
 
Et vite, j’ai basculé en pensée vers celles qui sont fières d’être femmes. Celles particulièrement que j’ai rencontrées ces derniers temps, celles qui m’ont soutenue, celles que j’aime, celles qui prennent place dans ma vie…Audrey, Marie-Françoise, Baïa, Dominique, Fatma, Monique, Sabrina, Michèle, Muriel, Huguette, Yvette, Michèle, Samia, Véronique, Anne-Marie, Catherine, Bénédicte, Myriam, Sakina, Anne-Sophie, Karima, Françoise, Emmanuelle, et beaucoup d’autres.
Parce que je suis femme, je me suis engagée…surtout à rester moi : fille, femme, fière de l’être.
 
Femmes…Je vous aime !

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