(perso, j'avais prévu le coup et congelé quand c'était la saison)
Sans matière grasse, revenue un peu dans une poêle, puis, on baisse la chaleur au maximum.
Elles rendent un peu (euh...beaucoup) leur jus, j'ajoute une bonne giclée de sirop de violette.
Le sirop de violette va jouer un rôle d'exhausteur de goût avec les fraises.
Puis, montage avec une crème madame façon lenôtre, mais dans des petits pots de yaourt en verre, façon artisan du placard.
Une petite langette de génoise pour donner une variation de texture, et zou, à table !
Ouïe fine. Sommeil léger. Hier matin, un bruit inhabituel m’a réveillée. Un bruit étrange, comme sourd, loin, dérangeant.
Odorat aiguisé. Hier matin, en ouvrant ma fenêtre, c’est une odeur puissante de terre qui m’a envahie. Une odeur un peu acre, comme une terre retournée, violemment.
Toucher sensible. Hier matin, en passant de l’autre coté de la maison, un grand frisson épidermique m’a parcourue. C’était celui qui parcourrait aussi l’arbre en face qu’on arrachait à grand coup de tractopelle.
Œil de lynx. Hier matin, je l’ai vu. Les racines à l’air, à peine en fleurs, et le printemps a brusquement pris une couleur de deuil. La terre sombre autour de son emplacement béant ressemblait à un cratère de désolation.
Goût amer. Hier matin, mes papilles ont porté une amertume sans pareille. Une amertume empreinte de terre et de souffrance.
Mes sens en alerte ont déclenché ma colère.
J’ai vu comme une violence inouïe le contraste du geste du tractopelle : l’arbre arraché brutalement, les racines éclatées…et une barricade de sécurité en acier ramassée délicatement pour l’écarter du massacre. Saisissant.
Au-delà de cet arbre, finalement « juste » un symbole, c’est tout un processus de mépris, de refus de l’autre, d’absence d’écoute, de souveraineté, de pouvoir, d’avidité et de vénalité qui s’est illustré.
Ce sont des places de parking qui vont s’installer sur le deuil de cet arbre.
Des places de parking pour accueillir des voitures.
Le temps où je savourais le matin à mon réveil la vue du soleil levant sur les champs est en train de s’en aller.
Le temps où je savourais un établissement scolaire de proximité risque de s’en aller avec ces champs.
Malgré ça, j’irai jusqu’au bout. Je refuse de m’installer dans le système confortable du « de toute façon, je ne peux rien y faire, même si c’est complètement crétin, laissons donc le rouleau compresseur accomplir sa mission ».
Je suis une toute petite grenouille de rien du tout.
Mais pas celle qui va nager tranquillement dans la marmite jusqu’à s’endormir et finir dans une assiette persillée.
Ca fait des années que j’ai décidé de mon seul objectif dans la vie : me lever chaque matin sans jamais ne rien regretter en me regardant dans le miroir de la salle de bain.
Ma Fille ainée a une amie. Qui s'appelle Julia. J'adore cette môme. Jolie, intelligente, vive, bourrée d'humour et de gourmandise. On devine déjà la jeune femme bonne vivante et bien dans ses bottes qui se profile.
Bref, cette damoiselle venant passer l'après midi chez moi un jour, je me suis fait plaisir et suis donc entrée dans ma bulle de cuisine pour la conception du gouter...
Voici donc la tartopom de Julia:
Petit conte philosophique
Imaginez une marmite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température commence à grimper. L’eau est chaude. C’est un peu plus que ce que n’apprécie la grenouille, mais elle ne s’affole pas pour autant, surtout que la chaleur tend à la fatiguer et l’engourdir.
L’eau est vraiment chaude maintenant. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi très affaiblie, alors elle supporte, elle s’efforce de s’adapter et ne fait rien.
La température de l’eau va ainsi continuer de monter progressivement, sans changement brusque, jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.
Plongée d’un coup dans une marmite à 50°C, la même grenouille donnerait immédiatement un coup de patte salutaire et se trouverait dehors !
(A quoi ça vous fait penser ?)
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2000 av. J.C. : " Tu te sens mal ? Tiens, prends cette racine. "
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